Le bien -être au travail : alerte rouge en France

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La nouvelle grande enquête State of The American Workplace de Gallup, société américaine de sondage experte du monde du travail, publiée en février 2017, montre que  :

26% des salariés sont « activement désengagés » de leur travail, 

65% des salariés ne sont « pas engagés », 

et seulement 9% sont « engagés ».

— Avec seulement 9% de salariés engagés, la France a du retard à rattraper

Un salarié désengagé coûte en effet 12 600 euros par an selon une étude du groupe de prévoyance Apicil et du cabinet Mozart Consulting.  Sur ces 12.600 euros, 2.500 sont imputables à des coûts incompressibles liés aux problèmes de santé personnels et pas forcément au travail. Mais le reste, soit 10.100 euros, pourraient être économisés par une politique interne plus soucieuse du bien-être au travail. Multiplions cela par le nombre de salariés désengagés et on arrive à des sommes substantielles… Un coût astronomique qui s’explique, le désengagement engendre 37% d’absentéisme en plus et représente un motif majeur de départ pour les employés, augmentant ainsi les chiffres du turn over. 

A l’inverse, on constate que 87% des employés engagés se projettent à long terme dans leur entreprise.On peut aussi noter que les entreprises où les employés sont engagés augmentent leur productivité et leur performance de plus de 20%. Pas étonnant quand on sait que ces employés sont 21% plus productifs, 86% plus créatifs et 65% plus énergiques. Conséquences : + 10% de satisfaction client, + 22% de profitabilité pour l’entreprise !

Ce constat d’urgence est également révéler par l’enquête du think tank du bonheur citoyen de la Fabrique Spinoza, publié à l’occasion de la Semaine de la Qualité de Vie au Travail 2017. A travers ce Baromètre National du Bonheur au Travail, nous constatons que la moitié des Français se déclare insatisfaite de son travail. Un salarié sur deux se dit aussi touché par le stress ou la fatigue au travail, ce qui mène d’ailleurs 24% des actifs à se sentir en « burn out ».  En plus de ces situations de surmenage, 44% des actifs déclarent ne plus trouver de sens à leur travail (« brown out ») et 25% s’ennuie au travail (« bore out »). Des cas de figures que l’on retrouve particulièrement auprès des jeunes générations.

— Et la position de l’Etat dans tout ça ?

Quant au ministère du Travail, il reconnaît que plus de 3 millions d’actifs français ont un « risque élevé de burn-out ». Le bonheur au travail est d’autant plus important que les dernières générations ont des exigences. « Pour les millennials, le bien-être est au moins aussi important que la rémunération », explique Samuel Metias, fondateur de la start-up Comeet et du collectif HappyTech, qui fédère les start-up spécialisées sur le bien-être au travail. 

Avec la génération suivante, la génération Z, dont les ambitions dépassent celles de leurs aînés, le monde du travail va subir de profondes mutations. Exit le management vertical, la génération Z prône l’égalité, avec un rapport plus direct, plus personnel. Ecoute, confiance, transparence sont ses principales attentes pour un épanouissement au travail. Le manager se devra d’être accessible, et les feedback seront très appréciés. Cette génération privilégie le sens donné à la mission, et ne jure que par la mission « utile ».

Le président de la République, Emmanuel Macron est sensible au problème : il a demandé à son ministre du travail d’aider à développer le secteur des happytech. En juin dernier, au salon VivaTech, il a même plaidé pour faire de la France le numéro un mondial dans ce domaine. 

Toutes les études convergent vers ce même constat : le malaise professionnel des Français n’est pas sans conséquence, il est palpable, mesurable et inquiétant d’un point de vue sociétal mais également financier pour les entreprises et pour l’Etat (financement des arrêts maladie, dépression, burn-out…). 

— Face à ces chiffres, quelles solutions  ? 

Il est urgent de déployer des mesures concrètes et efficaces pour favoriser l’épanouissement professionnel et faire de l’humain la priorité des entreprises.

Certaines entreprises ont déjà mis en place des accords QVT et se dotent d’outils pour piloter l’engagement des salariés et repenser leur modèle organisationnel et managérial. Méthodes agiles, ou encore redéfinition des responsabilités sont autant de mesures qui peuvent permettre une amélioration. Mais pour véritablement penser « solutions » efficaces et prioriser les actions, il est essentiel de savoir quelle est la cause la plus importante engendrant le désengagement des collaborateurs : l’Institut Gallup nous renseigne précisément sur ce point :

  • 70% de la variation de l’engagement est imputable aux managers, 
  • 50% des salariés ont quitté leur travail pour se libérer de leur manager. 

Des informations essentielles qui méritent l’attention et l’intervention de l’entreprise. Qui sont les acteurs à même de travailler la relation manager/ collaborateur avec bienveillance, sans jugement et en toute impartialité ? Les coach externes ! 

Un coach externe n’est pas lié à l’entreprise et à ses enjeux, il intervient de manière ponctuelle sur des problématiques bien définies pour répondre à des objectifs concrets déterminés par la direction et les coachés. Il est un professionnel de la gestion des conflits, du stress, du temps, des priorités, de la confiance en soi. Autant de sujets qui tendent la relation. Les managers doivent prendre le temps d’améliorer leurs rapports avec leur équipe. Les connaissent-ils suffisamment ? Savent-ils ce qui les motive ? Ce qui les contrarie ? Connaissent-ils leurs forces ? Etre un manager  curieux, empathique, bon communicant, créatif, audacieux, présent… génère des équipes plus engagées ! 

Et vous, entreprises, que faites vous pour développer l’engagement de vos collaborateurs ? Quelles sont les problématiques que vous rencontrez ? Comment se manifestent -elles ? Comment sont-elles vécues ? Quelles solutions envisagez vous à court, moyen et long terme? 

Et vous, salarié, que faites vous pour développer votre bonheur au travail ? Quelles sont les 20% de votre mission qui vous génèrent 80% de plaisir ?

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